Qu’est-ce que l’ANDC (Approche non directive créatrice)?

L’Approche non directive créatrice a été créée par Colette Portelance dans les années 80. Cette approche qui s’applique à tous les types de relation d’aide est une approche relationnelle, de nature affective, qui se déroule dans un cadre professionnel.

Approche humaniste, centrée sur la personne de l’aidé et sur celle de l’aidant, l’ANDC se distingue surtout par le fait que l’accent est mis sur le processus relationnel, permettant à l’aidé de vivre une expérience relationnelle saine, positive et authentique, dans le respect des rôles de chacun. Fort de cette expérience relationnelle respectueuse de sa nature profonde qui sera ajoutée à son bagage, l’aidé aura de nouveaux repères pour se construire une vie satisfaisante et correspondant à ses besoins, ses limites, ses zones de sensibilité.


Une approche non directive

Nous entendons, par non directivité, la capacité d’abandonner le pouvoir que l’on prend sur la vie des
autres et de récupérer le pouvoir sur sa propre vie. Pour ce faire, il importe que l’aidant assume la
responsabilité de son vécu, de ses malaises, de ses choix, de ses succès, etc., et qu’il refuse de
prendre la responsabilité des émotions et des difficultés des autres. Il développera un profond
sentiment de liberté et pourra soutenir et accompagner ses aidés dans leur développement sans
prendre de pouvoir sur eux.

Pour arriver à accompagner les autres de cette façon tout en respectant leur cadre de référence, leur
vécu, leurs besoins spécifiques, leurs limites, il est essentiel que le thérapeute en relation d’aide
sache distinguer clairement ce qui lui appartient à cet égard de ce qui appartient à l’autre. Sinon, il
devient directif et prend du pouvoir sur ses aidés. C’est pourquoi l’ANDC accorde une importance
capitale, dans la formation de ses aidants, et dans leurs exigences de formation continue, au travail
sur eux-mêmes.


Une approche créatrice

Influencée par Carl Rogers et son hypothèse selon laquelle l’individu a en lui le potentiel nécessaire à
sa réalisation, l’ANDC est créatrice par le fait qu’elle favorise l’autonomie de l’aidé et le propulse vers
son autocréation, sa liberté d’être, sa satisfaction profonde, l’exploitation de son unicité et
l’épanouissement de son plein potentiel personnel, relationnel, spirituel et professionnel.


Qu’est-ce que la relation d’aide par l’ANDC?

La relation d’aide par l’ANDC est une intervention de soutien et d’accompagnement de qualité qui permet à l’aidé de s’exprimer sur ses difficultés et sur ses aspirations et d’être guidé vers son mieuxêtre.

Elle favorise le développement de l’amour de soi, du respect de soi et de la confiance en soi. Elle favorise également l’épanouissement de la créativité, le cheminement vers l’autonomie et la liberté d’être, dans le respect du rythme de progression des étapes de son évolution, de sa croissance et de son autocréation. Elle procure des moyens pour améliorer considérablement ses relations affectives familiales ou autres.

Elle vise le développement du pouvoir sur soi, l’actualisation de soi et l’amélioration des habiletés relationnelles, par, entre autres, une meilleure connaissance de soi, un éclairage sur les fonctionnements personnels et relationnels qui créent des obstacles à l’épanouissement, par le développement des ressources et des forces, par la responsabilisation.

La démarche de relation d’aide par l’ANDC ne se fait pas dans un climat de confrontation ni de provocation, mais dans une atmosphère de respect de soi et de respect des autres, d’écoute empathique et d’authenticité, qui se caractérise par la présence chaleureuse du thérapeute en relation d’aide.

Une démarche avec cette approche permet aux aidés de prendre leur vie en main, de ne plus laisser la barre aux autres et de ne plus se laisser balloter par les évènements, bref d’être responsable de leur propre bonheur.


L’ANDC, la responsabilité et le pouvoir sur sa vie

La responsabilité, c’est la capacité d’un individu à se prendre en charge, à s’assumer et à se réaliser le plus entièrement possible. Être responsable c’est exercer le pouvoir sur notre vie en acceptant les conséquences de nos actes, de nos paroles, de nos silences, de nos gestes et de nos choix; en cherchant en nous la source de nos malaises et de nos joies, de nos échecs et de nos réussites, de nos problèmes et de leurs solutions; en ne laissant pas le passé nous tirer en arrière et limiter l’exploitation de nos potentialités présentes; en travaillant à nous changer nous-mêmes plutôt que de blâmer les autres, de les juger, de les critiquer, de les contrôler et d’essayer de les changer quand ils sont déclencheurs de nos inconforts et de nos malaises; en refusant de laisser aux autres le pouvoir de nous tenir responsable de leurs difficultés, de leurs émotions et de leurs besoins non satisfaits. 

La mentalité généralement répandue dans la société en est une où chacun refuse de se voir pour regarder, juger, condamner ou idéaliser les autres. L’ANDC propose de déplacer le regard pour le tourner vers soi. Elle cultive l’habitude à penser à soi d’abord, à travailler à se connaitre, à se comprendre, à s’accepter et surtout à s’aimer. Cette attitude, trop longtemps rejetée parce que qualifiée d’égoïste, s’avère pourtant la plus libératrice et la plus aidante. En effet, comment pouvons nous connaitre, comprendre, écouter, respecter et aimer les autres si nous n’arrivons pas à nous connaitre, à nous écouter, à nous respecter et à nous aimer nous-mêmes? Comment pouvons-nous accepter l’autre avec ses forces, ses faiblesses et ses contradictions si nous n’acceptons pas les nôtres? C’est précisément par cette aptitude à poser le regard sur nous-mêmes que nous sommes responsables.

Quand on a intégré la notion de responsabilité, on ne subit plus les autres et on ne subit plus les évènements de la vie; on développe progressivement une tendance à l’action qui nous devient naturelle et grâce à laquelle on connait la libération intérieure, le succès et la satisfaction. 

En relation d’aide par l’ANDC, la notion de responsabilité est directement liée à celle de nondirectivité. C’est parce que le thérapeute en relation d’aide prend la responsabilité de ses propres malaises, peurs, mécanismes de défense et fonctionnements face à son client qu’il évitera de les projeter sur son client par le jugement, la comparaison, l’interprétation ou la prise en charge. Si la responsabilité n’est pas intégrée par l’aidant, la relation d’aide serait une relation de dépendance malsaine, ce qui va à l’encontre des visées de la relation d’aide non directive créatrice. C’est pourquoi la formation des thérapeutes en relation d’aide par l’ANDC est d’abord et avant tout fondée sur l’intégration de la responsabilité.


L’attitude du thérapeute en relation d’aide par l’ANDC

L’attitude est la disposition psychologique qui se dégage inconsciemment d’une personne et qui révèle ses émotions, ses intentions et ses pensées réelles. C’est un état intérieur que l’aidant communique, à son insu, dans toutes ses relations par son langage non verbal.

On reconnait la présence d’une relation entre deux personnes lorsqu’interviennent l’affection et la confiance qui favorisent l’influence inconsciente aidante. En effet, inutile de se leurrer, il n’y a pas de relation satisfaisante possible sans affection, confiance et, par conséquent, influence réciproque. C’est donc dire que le thérapeute en relation d’aide ne peut aider vraiment en profondeur son client, -le professeur, son élève ou le parent, son enfant- que s’il se dégage de lui une attitude d’amour et de foi en lui-même et en l’autre. Le thérapeute en relation d’aide par l’ANDC s’implique dans ce type de relation tout en maintenant le cadre d’une relation professionnelle sans familiarité.

Les effets de l’attitude de l’aidant sur l’inconscient des aidés, bien qu’ils ne soient pas mesurables, n’en restent pas moins d’une portée déterminante sur le plan de l’équilibre et du comportement. Il s’agit de la forme d’influence la plus subtile et la plus efficace qui soit parce qu’elle est incontrôlable. Si, par exemple, l’aidant est habité par des pensées de jugement, des émotions d’agressivité et des intentions de domination, son langage non verbal reflètera son monde intérieur et agira sur l’inconscient des aidés de façon négative et perturbatrice. Il ne suffit pas d’avoir une apparence impeccable, de dire des paroles encourageantes et de faire des gestes louables pour aider les autres. Il faut surtout sentir, vivre ce qu’on présente, ce qu’on dit et ce qu’on fait. S’il y a chez l’intervenant, contradiction entre le langage verbal et le langage non verbal, entre l’action et l’attitude qui la sous-tend, entre le « paraitre » et « l’être », l’aidé recevra un double message -le message conscient et le message inconscient- et en sera troublé.

L’attitude aidante est donc essentiellement aimante certes mais authentique et essentiellement non directive en ce sens qu’elle n’est pas sous-tendue par un besoin de prouver, de manipuler ou de dominer mais par le respect de la nature et du cheminement des autres.

Nous considérons la non directivité créatrice comme une attitude à acquérir et non seulement comme une théorie ou méthode à apprendre. Cette attitude de respect total de la nature profonde de l’être humain suppose, de la part de l’aidant, un travail permanent sur lui-même, un travail d’autocréation. Dans notre conception de la relation d’aide, cette attitude fait partie intégrante de la personnalité de l’aidant, de sorte qu’il devient non directif créateur, tant dans sa vie personnelle et relationnelle que dans sa vie professionnelle. Dans son travail en relation d’aide, il est authentique avec ses aidés et il n’y a pas de dissonance entre ce qu’il dit, ce qu’il ressent et ce qu’il pense.


Qui est Colette Portelance?

Thérapeute en relation d’aide par l’ANDC et pédagogue, Colette Portelance détient un doctorat en sciences de l’Éducation de l’Université de Montréal et de l’Université de Paris. Auteure et conférencière réputée, elle a développé ses propres conceptions psychopédagogiques de la relation d’aide, qu’elle a élaborées dans la création d’une nouvelle approche, l’Approche non directive créatrice (ANDC), approche dont il est question dans ses nombreux ouvrages et qui est enseignée dans son école, le CRAM à Montréal, à Québec, à Gatineau, à Paris. Elle est la co-fondatrice, avec François Lavigne, du Centre de relation d’aide de Montréal (CRAM) et créatrice des programmes de formation de son école. Spécialiste de la communication et des relations humaines, Colette Portelance est connue et reconnue pour son authenticité, son respect profond de la personne et sa grande capacité à favoriser l’exploitation des ressources personnelles et professionnelles.

Tiré des notes de cours, du programme et du site web du Centre de relation d’aide de Montréal écrites par Colette Portelance. Ces notes ont été modifiées légèrement pour satisfaire le contexte de la présente publication. Pour en savoir davantage sur l’ANDC, nous renvoyons le lecteur à la lecture des ouvrages de Colette Portelance et notamment à Relation d’aide et amour de soi, publié aux Éditions du CRAM, 4e édition, Montréal, 2007.